Un quotidien devenu invivable dans l’écoquartier
À Reims, dans l’écoquartier Réma’vert, les habitants vivent depuis plus d’un an au rythme de coupures intempestives d’eau chaude et de chauffage. En pleine période de froid, certains appartements descendent sous les 12°C, rendant la vie quotidienne extrêmement difficile. Rue du Caporal-Chef Divry, l’heure est pourtant – provisoirement – au soulagement : après plus d’une semaine sans eau chaude ni chauffage, plusieurs logements viennent d’être reconnectés.
Bastien Spinelli, résident du troisième étage, raconte : « L’eau chaude a lâché en début de semaine dernière et vendredi, c’est le chauffage qui s’est arrêté. » Aujourd’hui, la température atteint enfin les 20°C chez lui, loin des 10°C enregistrés le week-end précédent.
Au quatrième étage, sa voisine Mélia Afantrous n’a pas eu d’autre choix que de quitter son logement avec ses trois jeunes enfants : « Il ne faisait que 12°C. On pouvait chauffer un peu d’eau pour le bain, mais sans chauffage, ce n’était plus tenable. » Son mari est resté, faute de solution, en installant des convecteurs d’appoint… très coûteux en énergie.
Des pannes à répétition depuis plus d’un an
Si la situation semble momentanément stabilisée, la colère reste vive. Les résidents dénoncent une accumulation d’incidents depuis l’inauguration de l’écoquartier. Dans sa cuisine, Bastien a noté à la craie les dates de coupures : « 13 septembre, eau froide… 14 septembre, eau froide… Et la liste est loin d’être complète. »
Le constat est partagé par une majorité des habitants : au moins dix des quinze foyers interrogés affirment avoir subi des coupures d’eau chaude répétées sur les deux dernières années. Pourtant, malgré les mails et appels au bailleur Plurial Novilia, les réponses restent floues. « Je ne saurai pas vous dire si vous aurez de l’eau chaude prochainement », leur aurait-on répondu.
Le bailleur conteste toutefois l’ampleur du problème. Selon Gil Oudin, directeur réseau d’agences, « les premières demandes datent du 27 octobre 2025 » et il ne s’agirait que « d’incidents isolés ». Une version qui peine à convaincre les locataires.
Vers une bataille juridique entre locataires et bailleur ?
Mandaté par Plurial, un bureau d’études pointe désormais la responsabilité de la chaufferie biomasse d’Engie, chargée d’alimenter les 600 logements du quartier. Le débit fourni serait insuffisant, comme déjà relevé en novembre.
Face à ces difficultés récurrentes, Plurial envisage d’installer des ballons d’eau chaude individuels. Une solution jugée insuffisante par les résidents, déjà éprouvés par un rappel de charges de plus de 800 euros en 2024… sans compensation.
Bastien, excédé, a saisi Histologe, puis un conciliateur de justice. Il se dit désormais prêt à aller plus loin : engager une procédure devant le tribunal pour suspendre le paiement des loyers en cas d’échec. « On ne va pas nous faire payer une eau chaude qu’on n’a pas », martèle-t-il.
De son côté, Plurial Novilia promet une solution « sous 72 heures » et évoque la possibilité d’un geste commercial si les problèmes persistent.
En attendant, les habitants de Réma’vert restent dans l’incertitude, partageant une même inquiétude : combien de temps encore devront-ils vivre dans des logements glacials ?